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LE DOSSIER

Dans la matinée du 4 Décembre 2000, Robert Will 22 ans, son co-accusé, qui était le fils d'un influent officier de police de Houston, et trois autres volaient des pièces de voitures dans un quartier de la  banlieue de Houston. Lorsque  subitement deux  policiers du comté de Harris sont arrivés, les hommes ont couru dans des directions différentes. Un adjoint de 38 ans rattrapa Rob, le fouilla et le menotta les mains derrière le dos. L’adjoint annonça par radio : "4119, j’en ai un en garde à vue". Moins d'une minute plus tard, des coups de feu ont été entendus à la radio. Il n'y avait aucun bruit d’altercation.

 

Le  partenaire de l'adjoint répondant, avait pris en chasse et perdu un individu mâle quand il a entendu des coups de feu. Au cours du procès de  Rob Will, ce même partenaire  fut incapable d’identifier l’individu qu’il poursuivait. Selon Will, une fois qu'il fut menotté son co-accusé a abattu le député tout en blessant Will. Le graphique du département balistique du bureau du shérif du comté de Harris montre  une blessure par balle transversale à l’arrière de la tête qui indique que le tireur était directement derrière l'adjoint, à sa gauche.

 

Will a toujours maintenu que, parce que son co-accusé était le fils d'un important officier de police de Houston, il avait  toujours en sa possession des  clefs de menottes  et a donc ainsi pu libérer Rob. Les deux hommes se sont ensuite enfuis dans des directions différentes. Will a couru vers un parking voisin où il a demandé à une femme de sortir de sa voiture et est parti au volant de celle-ci. Le tireur, couvert de sang, a quant à lui gagné l'appartement de Will où il y a vu la petite amie de ce dernier, sa mère, sa sœur et une autre jeune femme. En face de deux de ces témoins le co-accusé a avoué le meurtre d'un agent de police et la blessure accidentelle de Will.

 

DEPOSITION DES TEMOINS LA NUIT DU MEURTRE

 

Le co-accusé de Robert Will a initialement tenté de rejoindre  l'appartement d'un ami mais le colocataire de celui-ci a refusé de lui ouvrir la porte. Le colocataire l’a décrit comme "pleurant et transpirant à la porte".  Dans l’impossibilité d'accéder à l'appartement de son ami, il a couru à l'appartement de Will.

Une fois là-bas, il a avoué à la petite amie de Robert et aux autres occupants de l'appartement qu'il venait de tirer sur un agent de police et avait blessé accidentellement Robert.  Le co-accusé de Robert Will a ensuite enlevé ses vêtements tachés de sang et a versé de  l'eau de Javel sur ceux-ci pour détruire toute preuve ADN.

La petite amie de Will témoigna  lors d’une audience en octobre 2011 qu’elle avait dit au co-accusé qu'il ne pouvait pas porter ses vêtements ET aucun de ses vêtements n’étaient là lors de la perquisition de police ... Il les avait mis dans la machine à laver pour les nettoyer. Il a pris l’étui, la boîte et des balles de rechange de  l’arme du crime et les a placés dans un placard extérieur  avec une note qui disait "Rob, voici mes trucs". Le co-accusé signa du nom d'un ami qu’ils avaient en commun.

 

Plusieurs personnes ont vu, dans l'appartement,  le co-accusé couvert de sang exécuter toutes les actions énoncées ci-dessus ce jour là. Tous ont maintenant fourni des déclarations sous serment.

 

Pendant ce temps, Will conduisait la voiture volée vers  Brenham, Texas (à environ une heure au nord-ouest de Houston), où il coopéra pleinement avec l'agent de police qui l'y arrêta. Ses mains et ses gants furent placés dans des sacs pour des tests (tests aux résidus de poudre), et sa main gauche blessée fut soignée.

Le co-accusé a ensuite été arrêté pour vol de pièces de voiture et envoyé en détention avec Will  à la prison du comté de Harris. Le 9 Décembre, cinq jours après l'assassinat, les parents du co-accusé ont apporté aux enquêteurs les vêtements qu'il portait le 4 Décembre, soigneusement lavés et empilés.

Will a ultérieurement été jugé et reconnu coupable de meurtre et condamné à mort, tout cela en se basant sur des preuves indirectes, malgré le fait que:

 

 

  • Il a été fouillé et menotté avant le meurtre.

  • Il n'y avait aucune preuve médico-légale étayant l'accusation. En fait, certains éléments étaient incompatibles avec les charges à l’encontre  Will, et d'autres éléments n’ont  jamais été testés.

  • Les GSR (résidus de tirs) sont totalement incompatibles avec Will en tant que tireur.

  • Il y a eu plusieurs témoins qui étaient prêts à témoigner que le co-accusé avait admis le crime. Quatre ont fourni des déclarations sous serment et un a témoigné devant le tribunal.

 

Le procès de Will et ses appels après condamnation étaient truffés de manquements et d'incompétence.

Le juge présidant la Cours de District déclara :

 

« …Will a présenté pas moins de cinq témoins qui ont déclaré que [le co-accusé] a avoué le meurtre de l’adjoint Hill. Au-delà de cela, l’exclusion au tribunal de première instance des [de personnes pouvant fournir] témoignages reliant [le co-accusé] au meurtre était très certainement une grave erreur. »

 

Résidus de tirs (GSR):

 

Rob Will est droitier, le matin du 4 Décembre 2002, il portait des gants. Quand il a été arrêté à Brenham, ses mains ont été placées dans des sacs afin de tester les résidus de tirs ou toutes autres preuves. Le bureau du médecin légiste utilise à la fois un microscope électronique à balayage (MEB) et un autre par absorption atomique (AA) pour les résidus de tirs. Le MEB plus sophistiqué a été utilisé pour les gants de Rob, le AA et le MEB ont été utilisés pour ses mains.

Les résultats  furent jugés  « non concluants » suite aux tests effectués par le AA sur les deux mains de Will. L'échange suivant a été noté au cours du contre-interrogatoire entre  un [l'un des]  des avocats de Will et un expert chimiste principal du bureau de médecine légale du comté de Harris:

 

Q. « Mais encore, à nouveau, s’il existe zéro particules d'antimoine [une particule de résidu] présente, selon vos normes ou  selon les normes du comté de Harris, encore une fois, vous n’allez pas nous dire que c’est négatif à l'antimoine. Vous allez dire que ce n’est pas concluant, correct ? »

 

R. « Oui, Monsieur »

 

Q. « Donc, passons au  test de M. Will, ses mains n’étaient pas concluantes. En d'autres termes, aujourd'hui, à la lecture de ce rapport ,vous ne pouvez pas dire au jury qu’après avoir examiné les mains de mon client en utilisant un test d'absorption atomique AA, qu’elles étaient positives aux résidus de tir. Correct? »

 

R. « Correct »

 

La main gauche de Will, qui avait une blessure par balle, a été testée positive au résidu selon le MEB. L'échange suivant a lieu lors de l’interrogatoire l’expert chimiste par la procureure de district adjoint:

 

Q. «... supposons que quelqu'un soit blessé par balle, blessé dans une zone autour de ses mains. Pouvez- vous vous attendre à voir un de ces éléments particuliers [de résidus de tir] près ou sur les mains? »

 

R. « Si c’est un tir à bout portant, absolument. Les chances de dépôt sont augmentées de façon très significative. »

 

Q. «D'accord. Donc, si quelqu'un est blessé par balle au  poignet, et en fonction de l'angle de sa main, même s’il portait des gants, ces produits chimiques pourraient avoir pénétré le dos de sa main? »

 

R. «Oui, m’dame.»

 

Les mains du co-accusé n’ont été soumises à aucun test.

 

Le fait le plus important en ce qui concerne les résultats des tests de résidus et des autres tests  est que Will a été blessé à la main gauche. Il est important de souligner que Will est droitier. Sa main droite  a été testée « non concluante » (négative) à la fois sur sa main elle-même et sur le gant qu'il portait. Cela prouve que la blessure par balle n’était pas auto-infligée. Il est également très peu probable qu'il ait été blessé par l’adjoint Barrett Hill, qui portait des gants au moment du meurtre, et dont l’arme se trouvait dans l'étui. Le bureau des procureurs a toujours soutenu que Will s’était tiré une balle lui même.

 

Les éléments de preuve suite aux tests des résidus  prouvent  que Robert Will n’a pas tiré une seule  fois avec une arme, encore moins plusieurs fois cette nuit-là, et n’aurait donc pas pu assassiner l’adjoint Hill.

 

Rob Will N’a PAS avoué avoir tué un officier de Police quand il a volé la voiture

 

Au cours du procès de Will, un témoin - appelée C.S. - a déclaré que Will avait volé sa voiture à main armée. C.S. a également déclaré : «  Il a dit qu'il venait de tuer un policier ». Cependant, au cours du contre-interrogatoire avec l'avocat de Will, il est souligné que, dans sa première déclaration à la police, concernant le jour des faits, elle ne fait pas cette affirmation. Le jour meurtre, et donc le jour où sa voiture a été volée, C.S. parla à pas moins de huit officiers de police. Elle était pleinement consciente qu'un officier avait été assassiné, pourtant elle ne mentionna pas une fois, à quiconque, ce jour-là que Will lui avait fait cette déclaration quand il a volé sa voiture En fait, elle n'a jamais rien dit à propos de Will lui disant qu’«il venait de tuer un policier » pendant treize mois, jusqu'à ce qu'elle parle au bureau de Procureur lors la préparation du procès. À l'insu de l'avocat de la défense, la veille de son témoignage au procès, l’accusation a montré à C.S. des «très horribles et extrêmement explicites » photos  du député tué. Ces photos ainsi que le coaching de l’accusation a, sans aucun doute biaisé, son témoignage, lui faisant faire une déclaration qui, les preuves le montrent, ne faisait pas partie de son souvenir réel des événements. En outre, un témoin qui a entendu l'incident a rapporté avoir seulement entendu Will dire  «Sors de la voiture maintenant! » Ce témoin n'a pas dit avoir entendu autre chose au sujet des prétendus aveux de M. Will.

 

Témoignages quant à la culpabilité du co- accusé

 

Quatre détenus se sont manifestés et ont déclaré que quand ils étaient incarcérés avec le co-accusé de Wil  à la prison du comté de Harris, il leur a avoué qu'il avait assassiné l’adjoint Hill. Il a également fourni des détails sur le crime qui n’étaient pas connus du public. Ils ont également déclaré que Will a toujours maintenu qu'il était innocent. Trois de ces quatre détenus ont été intimidés pour ne pas témoigner au procès en faveur de Robert Will.

Pendant le procès, lors de l’échange direct entre l'un des avocats de Will et un ancien détenu de la prison du comté de Harris, l'échange suivant a eu lieu:

 

Q. « Qu'est-ce qu'il vous a dit? »

 

R. « ... je ne me souviens pas exactement ce qu'il [le co-accusé] m'a dit qu’il s’était passé, mais je me souviens qu'il a dit qu'il [le co-accusé] n’avait pas eu d'autre choix que de tirer sur le policier. C’était instinctif  et il s’est enfui ... »

 

Q. « Vous a-t-il dit ... [«il» étant le co-accusé] .. . quoi que ce soit sur le type d'arme qui a été utilisée? »


R. « C’était un grand 40, 40 mag, quelque chose comme ça »


Q. « Vous a t-il dit quelque chose à propos de son père? »

 

R. « Il a dit que son père était un agent de police et qu’il n’y avait vraiment rien que quelqu’un puisse lui faire.»


Remarque: l’arme du crime était un calibre 40

 

Un autre détenu déclara:

 

« J’ai été amené à la Cour pour témoigner. J’ai été mis dans l’espace des blocs cellulaires de la Cour, à quelques cellules de [le co-accusé]. [Le co-accusé] m'a menacé et m'a dit que je ferais mieux de ne pas témoigner sur ce qu'il m'avait dit. Je lui ai dit que je ne allais pas le faire »

 

Le co-accusé n’avait aucune raison d'être dans le bloc cellulaire de la Cour ce jour-là. Il ne devait pas  témoigner lors d'un procès et donc n’aurait pas dû se trouver aux tribunaux.


Le dossier d'instruction indique qu’un autre détenu a refusé de témoigner. Quand il était sous mandat d’arrêt émis par le département correctionnel du  Texas, des adjoints de police l’ont sévèrement battu et lui ont dit de ne pas témoigner.


Ce détenu a affirmé qu'il « leur a dit [les avocats de Robert Will] que des policiers ou des adjoints lui avaient  cassé le bras parce qu'il venait  témoigner devant la Cour».


La déposition  devant la Cour montre que son bras était cassé et était fraichement plâtré.

 

Un autre témoin a expliqué que, la nuit suivant celle où il avait initialement parlé aux détectives, un détenu connu pour être dangereux a été déplacé dans la cellule à côté de la sienne. Il a tenté  de l’intimider comme l’avait précédemment fait le co-accusé:

 

Détenu: «Je pense que c’était mercredi que je suis venu pour vous parler à tous. Et ils l'ont déplacé là-haut. Et il me demandait : hey mec, alors, quoi? Tu vas moucharder sur ça  et parler de cette affaire et de ce bordel, t’es une putain de balance ».


Détectives: « Vous vous rendez compte qu’il est toujours possible que vous pourriez avoir à témoigner devant la  Cour en ce qui concerne ces déclarations ».


Détenu: «J’ai dit [à l'avocat de Will] que je ne voulais pas vraiment ... je veux dire, parce que si je vais en prison ou quelque chose, et tu vois, si le co-accusé  est condamné et va  en prison. Je veux dire, il a beaucoup d'amis; tu vois, il dit qu'il est portoricain. Donc, il a beaucoup d'amis, tu vois ce que je veux dire. Et j’essaye de  rentrer en vie, mec... Et il m’a fait : mon père est un flic et je peux faire en sorte qu’on s’occupe de toi, et j’ai  tiré et j’ai ça et pourquoi tu crois que je ne suis accusé que d'un  moindre crime? ».


Le quatrième détenu a aussi été victime d'intimidation, mais il a témoigné sans en tenir compte.

 

Une personne qui a assisté à l'intimidation de ce détenu a informé les avocats de Will qu'il « l’avait menotté à un banc à l'arrière de la salle d'audience sur le« banc des témoins ». Un détenu qui ne portait pas de menottes et qu’il ne connaissait pas, s’est approcher de lui et a commencé à le frapper et à crier, « Putain de balance, tu ferais mieux de ne pas témoigner! »

 

“4119 J’en ai un en garde à vue”

 

À 06h36 le 4 Décembre 2000, L’adjoint de Police du comté de Harris communiqua par radio : « 4119 J’en ai un en garde à vue ». « 4119 » se rapporte à cette unité spécifique. Le procureur, Charles «Chuck» Rosenthal, Jr. soutient que Will a abattu l’adjoint de Police, une minute après  que cet appel ait été passé. Il n'y a aucun bruit d’altercation sur l'enregistrement, alors que des coups de feu sont tirés  environ une minute après cet appel. Le procureur Rosenthal soutient que l’adjoint a peut être communiqué qu’il avait Will «en garde à vue», cependant, cela ne signifie pas que Will ait été fouillé, maitrisé ou menotté. Ce scénario proposé par l'Accusation est hautement improbable et incroyable puisque avoir un suspect « en garde à vue» signifie que cette personne est soit arrêtée et incarcérée ou menottée et maîtrisée. «Garde à vue» est différente de la détention d’un individu, ce qui impliquerait que l'agent tient simplement un individu pour un interrogatoire (avec ou sans restrictions). Lorsqu'un suspect est menotté, la procédure standard pour l’agent est de fouiller cette personne avant de la menotter.

Lors du contre-interrogatoire de  la manager du centre de dispatching  et l'avocat de Will, l'échange suivant a eu lieu :

 

Q. « Et vous –avec votre formation et votre  expérience, vous comprendriez que « garde » signifie qu'il a le contrôle de ce suspect, correct? »

 

R. « Oui, monsieur »

 

Q. « En fait, le Dispatcher relaie aux autres unités, tout en reconnaissant qu'il a le contrôle de la personne. En ligne 65m il est dit : Clair, un en garde à vue 06h36.» 

 

Les deux officiers répondant sont arrivés et ont pris en chasse  deux suspects. L’adjoint Hill a poursuivi Rob Will, son collègue a poursuivi et ensuite perdu le co-accusé. Toutefois, l’accusation affirme  que le co-accusé n’aurait pas eu le temps d'atteindre l’adjoint Hill puisqu’il n'y avait que huit secondes entre le moment où son collègue le perd de vue, a plus ou moins 143 mètres de la scène de la fusillade, et le moment où premier coup de feu a été tiré.

Au procès, le partenaire de l’adjoint Hill a convenu qu'il n’avait jamais fait une identification positive du co-accusé et qu'il aurait pu poursuivre n’importe lequel de ces individus.

Mais si effectivement le partenaire de l’adjoint Hill poursuivait le co-accusé, la transcription de la radio et son témoignage au procès montrent que le co-accusé aurait eu, au minimum, 26 secondes, et non les 8 secondes prétendues par l’accusation, pour atteindre la scène et abattre l’adjoint Hill.

 

Ligne du temps/ Extraits de la retranscription radio :

 

 

  • A  6:37:02, Le collègue de l’adjoint Hill déclare “ Il court le long du bayou”

  • 43 secondes plus tard à 6:37:45, Hill déclare  “4119, j’en ai un en garde à vue”.

  • Will est arêté

  • 18 secondes plus tard  à 6:38:03, le collègue de l’adjoint Hill demande “19, y-a t’il une unité en route pour moi? ”.

  • 26 secondes plus tard à  6:38:29, le premier coup de feu est tire et entendu à la radio.

 

Le partenaire de l’adjoint Hill témoigna au procès:

 

 «Je n’ai pas attrapé le deuxième homme, je l’ai perdu de vue, mais il était sur le côté est, je l'ai vu disparaître près d'un arbre. J’ai demandé au  dispatcher si d'autres unités étaient en route et où [sic] je l’avais perdu de vue »

 

Il a déclaré qu'il avait perdu celui qu'il poursuivait avant qu'il n’ait communiqué par radio et se soit  inquiété des unités supplémentaires en route vers lui.

Si c’était le co-accusé qu’il poursuivait, le co-accusé aurait eu de 06:38:03 minimum (lors de la  transmission par radio) jusqu'à 06:38:29 (lorsque le premier coup de feu a été tiré) pour atteindre Hill - un total de 26 secondes.

 

Bien qu'il ne serait pas irréaliste de supposer que le partenaire de l’adjoint Hill n'ait pas perdu de vue le suspect à la seconde exacte où il l’a transmis par radio et par conséquent, le co-accusé aurait potentiellement eu plus de 26 secondes pour atteindre l’adjoint Hill. L’accusation prétend qu’ il a perdu de vue le co-accusé à 143 mètres de la scène de crime vers le bayou, près du pont. Un jeune homme en forme, comme le co-accusé l’était, pourrait facilement parcourir 143 mètres en 26 secondes.

 

Toutefois, cette distance est pure spéculation de l'accusation. Aucune preuve solide n’existe pour prouver son exactitude.

Le collègue de l’adjoint Hill a déclaré qu'il avait perdu le suspect quand il a «disparu près d'un arbre ». Le suspect devait être près de la zone boisée et non sur le bayou ou près du pont vers Darbydale. Comme les témoignages au  procès et les photos de la scène du crime le montrent, c’est une surface plane complètement dépourvue d'arbres et de buissons. Il n'y avait pas d'arbre derrière lequel un suspect pouvait disparaître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il  a également déclaré au procès: « (J’) ai rejoint le bayou, regardé vers le pont à la fin de la rue à l'est, puis j’ai commencé revenir vers  l'endroit où j’ai perdu de vue le suspect."

Donc, il n'a pas perdu le suspect au bayou ou près du pont, mais plus près de la scène de crime, là, où il y avait des arbres.

Prenant tous ces faits en considération, le co-accusé aurait en fait couru  moins de 143 mètres (puisqu’il n’a pas été aperçu au bayou) et avait plus de 26 secondes pour atteindre l’adjoint Hill - ce qui signifie que le co-accusé aurait facilement pu être le tireur.

 

Les deux témoignages que le partenaire de l’adjoint Hill a donnés directement après le crime diffèrent  de son témoignage au procès et quand il a témoigné  à la barre, il a donné plusieurs versions différentes et incompatibles avec les événements de ce jour.

 

  • le témoin expert de l'Accusation contredit la thèse selon laquelle Robert Will serait le tireur

  • Selon le témoignage de l’expert en balistique de l’accusation, le premier coup de feu  a été tiré à une distance de moins de 20 cm.

 

Si le premier coup a blessé les articulations de la main gauche de Rob Will, ainsi qu’ils le prétendent, et qu’il a été tiré de moins de 20 cm, le sang et l’ADN de Will auraient dû être présents sur la plaie et sur les vêtements l’adjoint  Hill. Ce ne fut pas le cas.

 

De plus, il a été déclaré qu’une traînée de sang de Will a été trouvée s’écoulant de la scène du crime, confirmant que Will saignait abondamment. S’il avait blessé sa main gauche à moins de 20 centimètres de l’adjoint Hill, une quantité importante du sang de Will aurait été trouvée sur les vêtements de Hill, surtout si  Rob Will s’était  tenu au dessus Hill alors que celui-ci gisait au sol et lui avait  tiré dessus à plusieurs reprises.

 

Juste une petite goutte de sang de Will a été trouvée sur la pointe de la botte de l’adjoint Hill. Aucune autre trace de sang n’était présente. En outre, à bout portant, Will n’aurait pas pu éviter d’être éclaboussé par le sang de l’adjoint Hill, lui ou ses vêtements.

 

Des tests de recherche de traces de taches de sang ont été effectués à la fois sur l’adjoint Hill et sur les vêtements de Will. Le médecin légiste principal a témoigné au procès:

 

« Les vêtements du policier, son uniforme : chemise et pantalon  sont revenus [ndlr : des tests] comme n’ayant que le sang de l'agent sur eux. »

Il a également déclaré:

 

«Les vêtements  que M. Will portait : sa veste, son pantalon violet, ses chaussures, sont tous revenus comme ne portant que son sang, sauf ses chaussettes, je ne les ai pas testées ... tout est revenu avec du sang cohérent avec le sien, son propre sang sur ses vêtements ... c’était son sang et celui de personne d’autre, pas de l’adjoint ».

 

Le témoignage du médecin légiste, ne supporte pas la théorie de l'Accusation, selon laquelle  Will aurait tiré sur l’adjoint Hill du sol, puis aurait tiré des coups de feu supplémentaires lorsque adjoint Hill était au sol.

 

Au procès, il a déclaré ce qui suit à l'égard de l'une des blessures par balle de l’adjoint Hill:

 

« Cela serait cohérent, avec un tireur se trouvant sur le côté de l'adjoint ou la tête de l'adjoint étant détournée du tireur. Ce serait compatible avec ces deux scénarios. Ce serait cohérent s’ils étaient à peu près de la même taille et dans la position debout ».

Il ajouta :

 

« Ce ne serait possible que si le prévenu menotté et la victime se tenaient face à face, quelqu’un pouvait approcher par la gauche et tirer. Ce serait compatible avec les  blessures d’entrée et de sortie. Quelqu'un aurait pu être caché dans les buissons et s’approcher par la gauche ».

 

Ce témoignage corrobore la version  des événements de  Robert Will et jette un doute sur  la version de l’accusation, qui suppose que les premiers coups de feu ont été tirés alors que Will était au sol, le reste des coups de feu étant tirés quand l’adjoint Hill gisait au sol.

 

La bouteille de Clorox: une pièce de conviction incohérente

 

L’accusation affirme que: « Will s’est aussi apparemment  aspergé d'eau de Javel tout en conduisant lors de sa fuite, ce qui n'aurait de sens que comme une tentative de se nettoyer (du sang, des résidus de poudre ou de tout autre trace de l’assassinat).»

 

Une bouteille de Clorox  a été retirée du véhicule que Will avait volé.  L’adjoint  qui a mené l’enquête sur le lieu  de l'arrestation a déclaré:

 

«Nous avons retiré  une bouteille de Clorox avec ce qui semblait être de l'essence à l'intérieur. Un adjoint a pris cela et a apporté un bidon, un bidon pour l’essence, et a vidé l’essence [de la bouteille Clorox] dedans ... Nous avons gardé la bouteille Clorox ».

 

La bouteille Clorox était en fait remplie d'essence pas de Javel. L'essence de la bouteillede Clorox a été vidée dans un bidon par un adjoint, et non pas par Will, et après avoir vidé la bouteille de Clorox, les officiers ont conservé la bouteille. Par conséquent Will n'a pas et ne pouvait pas s’être « aspergé lui-même d'eau de Javel», comme l’accusation le prétend « comme une tentative de se nettoyer (du sang, des résidus de poudre ou de tout autre trace de l’assassinat).» car il n'y avait pas d’eau de Javel au départ.

 

Les gants de Will ont été testés et analysés et il y avait pas de traces d'essence ou eau de Javel sur eux, ce qui rend extrêmement improbable que Will ait manipulé la bouteille. Des médecins légistes ont également confirmé par témoignage que les gants n’avaient pas fait l'objet d'un processus de nettoyage, qui aurait enlevé de telles preuves.

 

Déclaration du Shérif du comté de Washington, Texas qui a arrêté Robert Will :


L’accusation affirme  que "Will n’a pas tiré sur le policier qui l’a arrêté quelques heures plus tard, mais il a conduit plus loin que le point de contrôle routier initial et a garé  son véhicule dans un endroit isolé avant d’en sauter et de charger l'officier. Seule la précaution d’avoir tenu en joue Will couché  face au sol, plutôt que si l'agent de probation l’avait approché sans secours, a pu  avoir empêché le second meurtre ".

 

Robert n’a jamais tenté d’assassiner le shérif du comté de Washington, Texas.

 

Au procès, l’officier qui l’a arrêté témoigna : « Il [Robert Will] n'a pas essayé de me tirer dessus. Il n'a pas fait de gestes compatibles avec celui de me tuer ».

 

Will était garé quand le Shérif s’est approché et bien qu'il ait d’abord continué à conduire environ 30 mètres, il affirme que c’est  seulement parce qu'il n'a pas réalisé la personne s’approchant de son véhicule était un policier. Une fois, il a réalisé qu'il était un agent de police, il a arrêté le véhicule dans une zone peuplée et en est sorti.  L’officier explique ce qui est arrivé après: « Il n'a pas essayez de décharger son arme sur moi ... Il n’est jamais allé vers le pistolet dans sa ceinture. Il a mis ses mains en l'air. Il s’est laissé tomber au sol. Il a écarté les mains de son corps ».

 

Les allégations de l’accusation sont sans fondement et complètement contradictoires avec le témoignage du Shérif.

 

Empreintes digitales

 

Des empreintes digitales ont été relevées sur des éléments de la scène du crime, y compris sur les douilles des balles. Des objets trouvés dans le placard à l’extérieur de l’appartement de Rob Will ont été testés également, ceux que le co-accusé avait laissés là selon les déclarations des témoins. Ces éléments incluent l'étui de l’arme du crime, des balles supplémentaires, un chargeur de  revolver calibre 38 Smith et Wesson, deux fusils de chasse, un gilet pare-balles, un poignard, et des munitions. Une photographie du co-accusé portant le gilet pare-balles et tenant une des armes à feu a été admise comme élément de preuve afin de prouver que le co-accusé était propriétaire de ces éléments.

 

 

 

Les empreintes digitales du co-accusé n’ont jamais été soumises à des fins de comparaison.

 

PREUVES ADN

 

Tous les vêtements de Will ont été testés. Le seul ADN trouvé était celui de Will. Un des gants de Will contenait à la fois son ADN et celui d'un donneur « inconnu » qui ne correspondait pas avec celui de Will ou de l’adjoint Hill.

 

Pas d'autres échantillons d'ADN, y compris celui du co-accusé, n’ont jamais été soumis à des fins de comparaison.

 

De même, tous les vêtements de l’adjoint Hill ont été testés, et mis à part une petite goutte de sang de Will sur le bout de sa botte, aucun ADN de Will n’a été trouvé présent sur n’ importe quel élément.

 

Le pantalon du co-accusé a été testé après que son père l’ait remis à la police. Le pantalon était taché mais le service médico-légal n’a  pu extraire aucun ADN car le pantalon avaient été javellisé, détruisant toutes preuves ADN / traces de sang.

 

Un fait confirmé précédemment par les témoins à l'appartement de Will.

 

Les preuves ADN ne soutiennent pas les affirmations de l'accusation attestant que Will s’est tiré dessus et a abattu l’adjoint Hill à bout portant, puis s’est tenu au dessus de la victime, tirant sur lui à plusieurs reprises.

 

Comme indiqué précédemment, les trajectoires des  blessures par balle n’étaient pas compatibles avec la version de l’accusation sur les événements.

 

Les médecins légistes ont également témoigné que les vêtements de Will n’avaient été ni nettoyés ni blanchis, ce qui aurait permis l’élimination  de preuves d'ADN avant le test.

 

Le “Mur des Bleus” et l’Impartialité des jurés

 

Will a exprimé son inquiétude, à plusieurs reprises, concernant  la quantité de policiers en uniforme présents quotidiennement à son procès. A un moment, le juge a ordonné que les  portes de la Cour soient verrouillées en raison du nombre impressionnant de policiers présents.

 

Cette présence à la Cour est connue par les policiers comme «le mur de bleu», une tactique souvent utilisée pour influencer et / ou intimider le jury de personnes accusées du meurtre d'un officier de police.

 

Au cours du procès de Robert  Will, il y avait une douzaine ou plus  de policiers et d’adjoints en uniforme affichant  des badges de deuil assis avec la famille de l'adjoint tué. Ces sièges étaient les plus proches des sièges des jurés. Dans le Houston Star de  Décembre 2001, un journal du personnel des forces de l'ordre locales, la note suivante était en première page:

 

 « Le procès de Robert Gene Will II, qui a été inculpé sous les charges de meurtre d'un agent de Police après l’assassinat d'un de nos frères, l’adjoint « Barry » Hill, commence le 7 Janvier 2002, dans le 185e district. Ceci est un rappel au plus grand nombre d’adjoints en uniforme pouvant être présents ».

 

La défense s’est opposée à ce « mur des bleus » mais le juge a rejeté leurs inquiétudes, affirmant que les policiers avaient le droit d'être présents. Il faut se demander si  la présence de nombreux agents de police en uniforme debout bras dessus-bras contre Will a eu un effet préjudiciable sur les jurés?

 

Lorsque ces faits ont été présentés à la Cour d'appel pénale, il a été noté qu'ils: « n’avaient trouvé aucune preuve que les sympathies des jurés étaient susceptibles d'être influencées par la présence de la police, comme ce serait le cas, par exemple, si les jurés avaient des liens étroits avec les forces de l’ordre. »

Ce qui signifie,  que si les jurés avaient eu  «des liens étroits avec les forces de l’ordre » ils auraient été en fait «  susceptibles d'être influencé par la présence quotidienne de la police» à la Cour.

 

La transcription de la sélection du jury fourni les informations suivantes :

 

  • Un juré avait des amis qui étaient des agents de police et un frère qui était State Trooper.

  •  Un autre juré avait un ami qui était un officier de police qui avait effectivement été impliqué dans ce cas précis, le meurtre de l’adjoint Hill. Ce juré a également parlé à cet officier, qui témoignait, au cours du procès, à l'extérieur de la salle d'audience.

  •  Une jurée a déclaré qu'un bon ami de son mari travaillait pour le Service de Police de Houston.


Trois jurés avaient bien « des liens étroits avec forces de l'ordre ».


Cela les aurait déjà biaisés en faveur de la police, même sans l'addition d'une grande présence policière dans la salle d'audience, ce qui ne pouvait certainement qu’en rajouter.

 

Charles "Chuck" Rosenthal, Procureur de Robert Will

 

Le Procureur au procès de Will était Charles "Chuck" Rosenthal, un homme qui a été contraint de démissionner en 2008 après avoir été assiégé par des scandales, comprenant des accusations d'intoxication au travail, l’envoi de courriels sexistes et racistes, une affaire d'adultère, et la suppression de plus de 3500 emails qui étaient sous assignation et ordonnance du tribunal. M. Rosenthal  avait déjà montré des antécédents de piètres comportements au bureau, notamment en jetant des pétards dans les escaliers suite aux attentats d’Oklahoma City, et en envoyant deux policiers en civil dans la prison de la ville se présenter comme des avocats de la défense afin d'obtenir des renseignements de la part d’individus qui étaient en état d'arrestation pour trafic de cocaïne.

 

Le Procureur Rosenthal était également conscients des graves problèmes rencontré avec le  laboratoire criminel du service de police, et, sous sa surveillance, trois hommes ont été exonérés de leurs crimes, suite au travail bâclé, mené par ce laboratoire. Rosenthal a également soutenu en faveur de l'Etat du Texas dans l’affaire  Lawrence v. Texas, où il a cherché à défendre les  lois anti-gay et sodomie du Texas.

 

Pendant la phase déterminant la sentence du  procès de  Robert Will, lorsque les jurés écoutent les circonstances atténuantes, et toutes preuves désignant la possibilité que  Will soit un futur danger  public, le procureur Rosenthal fait la déclaration suivante à propos de Will:

 

« ... C’est un fait que ce que nous avons appris  du 11 Septembre, c’est que le mal existe dans ce monde. Si nous ne le savions pas auparavant, nous le savons maintenant. Et nous connaissons la forme prise par le démon il s’est incarné en Robert Gene Will, II.»

 

Circonstances atténuantes

 

Will avait d’importantes circonstances atténuantes qui consistaient en des abus sexuels prolongés, un père héroïnomane, assassiné quand Rob avait 10 ans. Il y a des témoignages indiquant que Will s’est comporté de  manière exemplaire dans des environnements contrôlés et disciplinés (ex. Il n’a eu de rapport que pour 3 infractions très mineures au cours des 13 mois où il a été incarcéré dans la prison du comté de Harris, même si les surveillants voyaient en lui le meurtrier de leur ami et collègue). En outre, un examen de l'histoire de la vie de Will nous montre qu'il n'a pas d'antécédents de comportement violent. Quand il a été  arrêté, il venait de terminer  une année de collège, maintenant une excellente moyenne cumulative et était impatient de commencer sa deuxième année. Will était aussi un père très impliqué dans sa relation avec son fils. Néanmoins, les jurés ont déposés un verdict de « Peine de Mort » comme souvent dans les affaires de Peine Capitale. Il convient également de mentionner que depuis son incarcération, Will a continué ses études supérieures. Il est devenu un instructeur certifié de yoga, un artiste et écrivain publié. Il travaille  actuellement à l’obtention d’un diplôme para juridique.

 

Le Processus d’appels

 

Le procès de Will et sa  procédure d'appel ont  été criblés par l'incompétence  de son équipe juridique. Ses avocats avaient soit peu ou pas d'expérience dans les cas de Peine capitale, soit étaient incapables ou ne restaient pas sur le cas assez longtemps pour réaliser un travail de fond.

 

Au procès, Will a été représenté par 2 avocats commis d’office.

 

Un de ses avocats était marié à une procureure de district adjoint travaillant dans le bureau de l’accusation. Le Procureur  Charles «Chuck» Rosenthal Jr., qui a personnellement poursuivi Will, était le patron de sa femme

 

Les deux avocats n’ont pas fourni à Will une défense adéquate. Ils ne mentionnèrent pas les témoins clés parce que l'enquêteur qu'ils employaient a été incapable de les localiser et de les interroger. Par conséquent, ils n’ont pas pu présenter ces témoins au procès pour la défense de Rob, même si ces témoins à décharge vivaient encore probablement à l'adresse à laquelle ils résidaient  au moment du crime, ou étaient incarcérés à la prison du comté.

 

Plus flagrant, ces avocats n’ont pas appelé la plupart des témoins du détenu qui étaient en mesure de témoigner qu'ils avaient entendu le co-accusé avouer le crime. Ils ont fourni diverses raisons de ne pas avoir appelé ces témoins, mais après une enquête minutieuse, il a été constaté qu'aucune des raisons n’était valable.

 

Ils ont déclaré que, selon les registres cités à comparaître du bureau du shérif du comté de Harris (HCSO), un témoin  en particulier n’avait jamais été logé à côté de, près de, ou avec le co-accusé. Par conséquent, la déposition du témoin concernant la confession du co-accusé du meurtre de l’adjoint Hill et ses aveux de culpabilité devait être fausse. Information du HCSO, qui a depuis été cité  à comparaitre, stipule clairement que ce détenu particulier et le co-accusé ont été en fait logés dans la même zone de la détention pour un total de 11 jours.

 

Les avocats commis d'office de Will n’ont pas effectué leurs propres investigations  sur l’affaire. De nombreuses incohérences et de fausses accusations présentées à la Cour par l’accusation ont été laissées incontestées par ses avocats. La «version» des événements que les avocats ont présentée  au procès était en contradiction avec la version que Will leur avait fournie. Ils sont allés au procès pas du tout préparé pour représenter efficacement  Rob Will.

 

Dans les mois précédant la tenue du  procès en Janvier 2002, un des avocats de Rob Will faisait campagne pour obtenir un siège  au Conseil municipal de Houston, campagne qu’il a perdu.

 

Une nouvelle avocate a été nommée le 23 Janvier 2002, pour représenter Will lors de son appel direct. Elle a déposé une requête pour un nouveau procès (et une demande d'audition de témoins), le 22 Février 2002.

 

Au moment de ce dépôt, la transcription complète du procès n’avait pas  encore été achevée par le sténographe judiciaire. Ce ne fut pas terminé avant le 18 Mars  2002. Pleinement consciente que la transcription du procès, n’était pas disponible pour préparer correctement la requête d’un nouveau procès au nom de Rob Will, Son avocate n'a pas fait la simple demande d'une extension de délais en attendant qu’une transcription  du procès soit disponible. Subséquemment, le tribunal a rejeté la requête d’un nouveau procès. Elle a déposé un recours direct de l'appelant (et une requête de plaidoirie) le 24 Janvier 2003 devant la Cour d'appel pénale. Ce recours a été également refusé le 27 Avril 2004.

 

Leslie Ribnik a été désigné le 19 Mars 2002 comme avocat d’appel commis d’office  de Robert Will par la cour qui l'avait condamné à mort.

 

M. Leslie Ribnik a admis qu'il  n’avait engagé aucun enquêteur ou expert externe pour examiner le dossier de Will, mais a nié que cela indiquait un manque d'effort de sa part. Il a déclaré que, suite à son examen du dossier de Will, il n'a trouvé aucune question légitime à poursuivre, même s’il avait informé Will qu'il avait l'intention de déposer plus de vingt questions distinctes.

 

Le mandat de State Habeas  fournit au défendeur l'occasion de soulever de nouvelles questions ou preuves, comme l'ADN, la subornation de témoin, ou des éléments de preuve retenus par l'accusation et d’établir les circonstances atténuantes comme la maladie mentale ou les abus subis durant l'enfance lesquelles il souhaite voir prises en considération. C’est également pour l’accusé une chance de proposer des allégations d'innocence et de preuves à l'appui.

 

L’ordonnance d’appel  déposée par Ribnik au nom de Will ne comprend aucune information supplémentaire  ou protestations d'innocence. Elle est centrée  principalement sur un seul et unique challenge technique à la loi du Texas et ne fait aucune mention directe à Will.

 

En fait, selon Chuck Lindell du Austin American Statesman, l’avocat d’appel commis d’office de  Will, Leslie Ribnik, a déposé un dossier où les deux tiers étaient «mots pour mots identiques, même une erreur de majuscule page 17 » à celui qu’il avait déposé pour  un autre  détenu du couloir de la Mort texan, Angel Maturino Resendiz, un tueur en série connu qui a été exécuté en 2006. Le dossier rendu ne contenait que 28 pages, extrêmement peu pour un appel dans un cas de peine capitale. Les deux ordonnances ne nommaient  pas Resendiz ou Will ou leurs procès et les dates de condamnation citées étaient incorrectes pour les deux hommes

 

Dans sa déclaration au Congrès  des sous-comités concernant the Innocence Project Act, Stephen B. Bright, Président et Conseiller Principal du Southern Center For Human Rights (Centre du Sud pour les Droits de l’Homme) a écrit :

 

 « Comme en Alabama, un grand nombre de condamnés à mort au Texas se voient commis d’office des  avocats complètement incompétents en appel et dans leur représentation post-condamnation. Par exemple, un avocat assigné à Robert Gene Will a déposé le même dossier  pour Will qu'il avait déposé pour un autre détenu, Angel Resendiz , un an et demi plus tôt. L'avocat a raté le délai de prescription pour le dépôt de requête en habeas corpus fédéral  de Resendiz . En conséquence, Resendiz a été exécuté sans réexamen de son cas. Will s’est vu rejeter une révision en raison de la mauvaise qualité du dossier qui avait été déposé plus tôt pour Resendiz ».

 

L’avocat californien Richard Ellis indique avoir été troublé par les  appels en double de Ribnik et le  manque apparent de substance dans l’ordonnance en appel de  Will. « Cela semble un peu mince. Je dépose en  moyenne 450-500 pages, sans compter les annexes qui peuvent être de 1000 pages supplémentaires ».

 

En réaction, Ribnik a rejeté la longueur de l’ordonnance comme une mesure de qualité, et a déclaré qu’elle contenait tous les points essentiels

 

L’ordonnance de Ribnik ne contenait pas de questions valables se rapportant au cas de  Robert et n'a pas réussi à faire valoir les allégations d’innocence de Robert Will.

 

Actuellement, Robert Will arrive dans la phase finale d'appels. Après que son mandat de State Habeas ai été refusé, le cas de Will a été déplacé devant la Cour Fédérale de District et un nouvel avocat commis d’office a été désigné.  Cet avocat a déposé une ordonnance, malheureusement inadéquate, qui a ensuite été refusée. Bien qu’émettant un refus, le juge de la Cour de district des États-Unis a déclaré ce qui suit (en 2012) :

 

 « Les questions soulevées … sur l’innocence réelle de Rob, créent des incertitudes inquiétantes … »

 

« Cette Cour n'a pas abordé ce rejet à la légère. Will n'a cessé et avec persistance de soutenir qu’il [le co-accusé] avait tué l’adjoint Hill. Maintenant, avec le témoignage [de la petite amie de Robert Will ], Will a présenté pas moins de cinq témoins qui ont déclaré que le co-accusé  avait avoué avoir assassiné l’adjoint Hill. Au-delà de cela, l'exclusion du tribunal de première instance d’ [un]  témoignage reliant [le co-accusé] au meurtre  était très probablement une erreur de grave proportion En outre, comme indiqué dans le mémorandum  et arrêté de la Cour du 25 mai 2010, la présence dans la salle d'audience lors du  procès d’un si grand nombre de  policiers en uniforme aurait vraisemblablement justifié un recours post –procès  si cette question avait été soulevée lors d’un appel direct plutôt que lors d’une demande d'habeas corpus. En plus des éléments de preuve considérables soutenant l’innocence de Will et des erreurs importantes du tribunal de première instance, il doit également être examiné l’absence totale de témoignages oculaires ou d’expertises médico-légales fortement probantes. Avec de tels faits, et seulement des preuves circonstancielles appuyant la condamnation de Will et la peine de mort, la Cour déplore les limitations strictes qui lui sont imposées ».

 

 « Au sein des limitations étroites de l'examen fédéral, la Cour a permis l'exploration libérale des divers arguments de Will. Les questions soulevées au cours du développement factuel  post-jugement sur l’innocence réelle de Rob Will, créent des incertitudes inquiétantes en vertu  de la jurisprudence des habeas fédéraux que la  Cour est impuissante à résoudre. Bien que cette Cour ne puisse pas répondre à ces questions, elle note que le pouvoir exécutif de l'Etat pourrait examiner les preuves de l'innocence réelle dans cette affaire et faire preuve de retenue dans l'exécution de la peine infligée à Will ».

Le juge dit qu’à cette étape tardive des appels, peu importe quelle preuve est apparue avant, il n'y a rien qu'il puisse faire, et il lui est interdit  procéduralement de donner et /ou d‘ajouter du  poids aux preuves de l'innocence réelle.

 

Après que cet ordre de refus ait été délivré, le cas de Robert Will a été déplacé vers  la cour d’appels du 5ème circuit avec le nouvel avocat commis d’office  et l’avocat Pro Bono. Le 5ème Circuit a émis un sursis et surtout a renvoyé l'affaire devant la Cour fédérale de district. Ensuite, le tribunal fédéral de district a émis une ordonnance de renvoi devant la Cour pénale d'appel du Texas (CCA) sur base des allégations d’innocence de Will et des questions concernant l’inconduite judiciaire. Le CCA a renvoyé  l'affaire devant le tribunal de première instance ordonnant au tribunal de première instance d'entendre les revendications.

 « Tandis que le Texas fournit des détenus condamnés à mort ayant le droit de demander une révision post condamnation selon une procédure en State Habeas, les  procédures  texanes ne permettent pas le développement adéquat et un examen judiciaire de toutes les demandes ... En outre, les tribunaux de district texans refusent systématiquement de tenir des audiences de preuves, même lorsque les questions de faits sont litigieuses. Les tribunaux texans adoptent aussi fréquemment les conclusions factuelles proposées par l'Accusation dans les cas de State Habeas, souvent mot pour mot. Lorsque l’arrêté du tribunal ne reflète pas une évaluation indépendante des allégations factuelles des parties, la réputation du système judiciaire en tant qu’arbitre neutre est compromise. Ces pratiques compromettent sérieusement la crédibilité de la conclusion du tribunal de district dans les cas les plus graves du système de justice texan. »

 

Évaluation de l'équité et de l'exactitude des systèmes dans les états qui pratiquent la Peine de Mort: The Texas Capital Punishment Assessment Report, American Bar Association (2013)

 

Le tribunal de première instance dans le cas de Will a refusé de tenir une audience et le 26 Janvier 2015, la cour a simplement confirmé les conclusions factuelles proposées mot pour mot par l’accusation. A ce jour, le cas de Will est dans l'attente d'un examen  de la Cour pénale d'appel du Texas et d’une décision.

Le 26 septembre 2018, le “District Court”, le tribunal de district, a reconfirmé que, malgré "la possibilité troublante de l'innocence réelle de Robert Will”, en vertu de la loi sur l'antiterrorisme et l'efficacité de la peine de mort, le tribunal n’avait pas la juridiction compétente pour examiner la requête de Rob en faveur d’une motion d’urgence en vue d’un redressement.

 

Cela fait suite à plusieurs années d’échanges judiciaires entre les tribunaux pour examiner la décision de la Cour Suprême à Martinez, et son application au procès de Rob concernant l’inefficacité de l’assistance des avocats.

 

Dans un ordre de quatre pages rare et compréhensif, le juge exprime à plusieurs reprises ses préoccupations concernant l’innocence de Rob, mais répète qu’en vertu de l’AEDPA, il n’a pas compétence pour accorder réparation.

Le résultat de cette ordonnance est que le procès de Rob passera maintenant au 5e circuit d’appel, qui est notoirement conservateur.